Le 25 septembre 1919, Moscou, alors que les bocheviks font régner la terreur en liquidant avec leur police politique (tchéka), toute opposition et en particulier celle des Socialistes Révolutionnaires de gauche et des anarchistes qui ont refusé de collaborer avec le pouvoir (qualifiés d’anarcho-bandits par Trotski lui-même).
l’anarchiste makhnoviste Casimir Kovalevitch qui est revenu dans la capitale pour y organiser la résistance, commet un attentat contre le Quartier général des bolcheviks, ruelle Léontiev, où sont réunis les représentants du Parti Communiste moscovite. Vers 21 heures, deux bombes sont lancées par la fenêtre dans la salle où sont réunies 150 personnes, elles provoquent douze morts dont Zagorsky, secrétaire du Comité du Parti, et cinquante-huit blessés, dont plusieurs responsables comme Nikolaï Boukharine, théoricien bolchevique et directeur de la Pravda.
L’action est ensuite revendiquée par un communiqué :
" Le soir du 25 septembre 1919, à l’Assemblée du comité du parti de Moscou, étaient examinés les moyens de lutte contre le peuple révolté. Les maîtres bolcheviks s’étaient prononcés à l’unanimité en faveur de mesures les plus extrêmes contre les ouvriers, paysans et soldats rouges révoltés, les anarchistes et les socialiste-révolutionnaires de gauche, jusqu’à vouloir instaurer un état d’exception à Moscou avec fusillades de masse (...).
Notre tâche est d’effacer de la terre l’ordre de la commissariocratie et des tchékas, et d’instaurer une fédération panrusse libre d’unions de travailleurs et des masses opprimées. (...) Nous appellons à l’insurrection immédiate pour le pain et la liberté, et nous défendrons la liberté avec les armes de la liberté et non pas celles de l’esclavage."
Fin novembre, la cachette de Casimir Kovalevitch et d’un autre compagnon est découverte par la tchéka. Cernés, ils se défendent avec des révolvers et des bombes, puis se font sauter. Un peu plus tard, six autres militants connaissent le même sort. Un des huit survivants du groupe, Tchérepanov, déclarera à son procès : " Il faut regretter évidemment que les victimes de l’explosion n’aient pas été les plus importants dirigeants du parti et que ceux-ci n’aient pas été sérieusement touchés ".