En 1925, Breton coécrit avec des communistes le tract « La Révolution d’abord et toujours ». Breton rejoint le Parti communiste ouvrant un moment de querelles profondes avec les autres membres du surréalisme. Quelle était vraiment la place de la révolution au sein du surréalisme ?
Les surréalistes : une idée de la liberté radicale
Le surréalisme s’est d’abord inscrit dans une recherche de liberté totale, se rapprochant de l’anarchisme dans ses débuts. Michaël Löwy rappelle l’observation de Walter Benjamin : "Depuis Bakounine, l’Europe n’a pas une idée radicale de la liberté, les surréalistes en ont". Cet esprit de révolte contre l’ordre établi est au cœur du premier manifeste surréaliste, où les idées des surréalistes se révèlent proches des anarchistes. Le mouvement rejetait les contraintes de la rationalité bourgeoise, que Patrick Marcolini décrit comme "une rationalité utilitariste, calculatrice, froide" que les surréalistes cherchaient à dépasser pour laisser place à l’imaginaire.
L’engagement tardif de Breton avec le communisme
L’adhésion d’André Breton au communisme s’est faite tardivement, après la découverte de la révolution russe en 1925, bien après les événements de 1917. Michaël Löwy précise : "Breton découvre qu’il y a eu une révolution en Russie en lisant un livre de Trotsky sur Lénine". Ce moment est un choc pour Breton, qui s’engage ensuite aux côtés des communistes. Son interprétation du marxisme s’inscrit dans une vision dialectique héritée d’Hegel comme l’indique Michaël Löwy.
A écouter ici : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avec-philosophie/la-revolution-d-abord-et-toujours-breton-4201661