Demain Le Grand Soir
NI DIEU, NI MAITRE !

Le Site de Demain le Grand Soir est issu de l’émission hebdomadaire sur "Radio Béton", qui fut par le passé d’informations et de débats libertaires. L’émission s’étant désormais autonomisée (inféodé à un attelage populiste UCL37 (tendance beaufs-misogynes-virilistes-alcooliques)/gilets jaunes/sociaux-démocrates ) et, malgré la demande des ancien-ne-s adhérent-es de l’association, a conservé et usurpé le nom DLGS durant de trop nombreux mois. Heureusement, le site continue son chemin libertaire... Finalement, au début 2023, l’équipe de l’émission a enfin pris la décision de changer de nom (et nage dans une confusion de plus en plus campiste). L’émission DLGS redémarre alors sur une autre radio (RFL101) à compter du 25 novembre 2025.

Le site a été attaqué et détruit par des pirates les 29 et 30 septembre 2014 au lendemain de la publication de l’avis de dissolution du groupe fasciste "Vox Populi".

Il renaît ce mardi 27 octobre 2014 de ses cendres.

" En devenant anarchistes, nous déclarons la guerre à tout ce flot de tromperie, de ruse, d’exploitation, de dépravation, de vice, d’inégalité en un mot - qu’elles ont déversé dans les cœurs de nous tous. Nous déclarons la guerre à leur manière d’agir, à leur manière de penser. Le gouverné, le trompé, l’exploité, et ainsi de suite, blessent avant tout nos sentiments d’égalité.
(....)Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise - une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. "

Piotr Kropotkine -

« SI VOUS REVENEZ, ON FAIT TOUT SAUTER » : EN ITALIE LA FAMILLE RAMPONI EXPLOSE UNE EXPULSION
Article mis en ligne le 25 octobre 2025
dernière modification le 24 octobre 2025

par siksatnam

Trois policiers morts et quinze blessés dans l’explosion d’une ferme que les autorités italiennes voulaient expulser : la famille Ramponi seule face à l’Éta

Le système capitaliste a ceci de particulier qu’il ne peut jamais être rassasié. Pour continuer à fonctionner, il a besoin d’exploiter toujours plus les ressources, y compris les humains. En poussant à bout les individus qu’il opprime, il crée les conditions de sa propre destruction. C’est ce que l’Italie s’est vue très justement rappeler cette semaine.

À l’origine, il y a la misère dans une ferme du nord de l’Italie, près de Vérone, occupée par la famille Ramponi : deux frères, Franco et Dino, et leur sœur, Maria Luisa. Les trois soixantenaires sont présentés dans la presse comme des paysans isolés ayant une « vie misérable », des gens « étranges » qui ne consommaient quasiment que ce qu’ils produisaient, et qui avaient un « attachement à leur maison et à leur terre qui était devenu une obsession, une pathologie ». Pour les journalistes, défendre son lieu de vie, une ferme familiale qui est leur seul bien et où ils ont toujours vécu, est une maladie.

Les Ramponi sont acculés par des banques. Un accident les précipite dans une situation financière intenable : ils doivent rembourser un tracteur que l’assurance refuse de prendre en charge. S’ensuivent des prêts et un surendettement que la famille n’est pas capable de rembourser avec les maigres revenus de son élevage.

Les Ramponi dénoncent en justice les conditions d’un prêt hypothécaire, et expliquent qu’ils ne l’ont pas contracté. Mais ils sont déboutés et doivent abandonner leur ferme, qui est à la fois leur domicile et leur outil de travail. Hors de question pour les trois frères et sœur qui refusent l’expulsion et menacent : si vous nous dégagez, la ferme explosera avec nous.

En 2021, la police tente une première fois de les déloger. L’un des frères monte sur le toit et menace de sauter si l’État rentre chez lui, la sœur dit qu’elle va s’immoler. La police repart bredouille. En 2024, lors d’une autre tentative d’expulsion, les flics sont reçus par des cocktails molotov lancés depuis le toit. Une forte odeur de gaz se dégage de la maison, les policiers s’en vont, la famille reste.

Le sursis n’est toutefois que de courte durée : la ferme des Ramponi devait être vendue aux enchères ce 25 octobre 2025. L’expulsion, « planifiée avec soin » selon les autorités italiennes, a lieu le 14 octobre. Mais à peine les forces d’intervention entrent dans la maison, celle-ci explose. La détonation tue trois carabiniers et blesse une quinzaine d’autres personnes. Franco et Dino, qui sont parvenus à s’échapper avant l’explosion, sont rapidement rattrapés. Maria Luisa est restée à l’étage. Grièvement blessée, la femme se relève et insulte les policiers à travers le mur éventré.

Personne n’a rien à gagner dans cette histoire, où des gens meurent et se battent à cause d’une dette de 70.000 euros. En se montrant intraitable avec celles et ceux qui n’ont plus rien à perdre, la bourgeoisie attise la violence à laquelle elle devra faire face. Elle crée les conditions de sa propre perte.

Le capitalisme est un système perdant-perdant. Combattons-le de toutes nos forces, par tous les moyens.

"Contre Attaque"